La femme au cinéma

      Nous pouvons dire du septième art qu’il a été forgé par les hommes ; en effet il est beaucoup plus évident de trouver des noms de grands réalisateurs masculins que féminins. De ce fait, la femme au cinéma a toujours été une projection masculine, l’image représentative d’un fantasme masculin. De la gentille mère au foyer à la femme fatale et dangereuse en passant par la lolita à l’eau de rose ou le garçon manqué ; la femme a toujours eu une apparence patriarcale codifiée qui l’amène à être regardée.

      La femme au cinéma est une icône, un personnage passif, et si sa présence est indispensable dans les films ce n’est pas par ce qu’elle va apporter à l’avancement de l’intrigue ou du film puisqu’il est d’ailleurs très fréquent que son rôle soit au contraire de l’interrompre la plupart du temps pour des scènes provoquant le désir ; mais par ce qu’elle suscite chez le protagoniste masculin et par analogie chez le spectateur. D’ailleurs, Laura Mulvey l’explique dans sa théorie sur le regard de l’homme et de la femme au cinéma « C’est elle, ou plutôt l’amour ou la peur qu’elle suscite chez le héros, ou bien l’intérêt qu’il éprouve à son égard, qui le pousse à l’action. En elle-même, la femme n’a pas la moindre importance ». La femme n’est donc pas perçue comme une personne à part entière mais plutôt comme un objet d’exhibition et de convoitise de part le désir et souvent l’inaccessibilité qu’elle dégage. De plus, nous savons tous que la femme est un être qui reste très mystérieux pour l’homme qui a souvent du mal à la comprendre, ceci participe à la mystification de l’image féminine.

      Je donnerai comme exemple le film noir « The Lady from Shanghai » dans lequel Elsa Bannister illustre tout à fait cette image de la femme convoitée. En effet, à la fois mystérieuse et insaisissable, elle va faire naître chez le protagoniste masculin, Mickael O’Hara, l’attirance et le désir. Celui-ci ne cessera pas de la regarder après avoir posé les yeux sur elle pour la première fois. Ce lien scopophilique présent tout au long du film va alimenter le fantasme masculin porté sur Elsa qui se révélera, comme souvent, très dangereuse et incarnera alors la femme qui effraye de part sa différence et son envie d’émancipation.

Les pouvoirs du montage !

      En faisant un peu le tour des billets de blogue de mes camarades, je me suis arrêtée sur le contenu de celui-ci que j’ai trouvé fort intéressant http://coolomedia.wordpress.com/2013/03/20/mais-ou-etait-la-lampe-pixar/, et plus particulièrement sur ces propos « Le montage est bien réalisé pour que nous croyions à une émotion chez la lampe » et « Pourtant, j’ai réussi à être floué par cette annonce, démontrant bien la réussite prodigieuse de l’agencement du montage et du message ». Ces deux phrases soulignent le pouvoir du montage à faire passer au mieux le message souhaité.

      Il y a une semaine pour notre cours de montage, nous devions tourner et monter un documentaire. D’une heure d’interview nous devions passer à 8 minutes et nous nous sommes rendu compte que selon les propos que l’on choisissait de garder, le documentaire et le message véhiculé pouvaient avoir une toute autre signification. Aussi, la personne interviewée pouvait passer de quelqu’un de très sérieux et de passionné pour ce qu’il fait, à quelqu’un de très peu crédible et totalement à côté du sujet. En plus de jouer avec les dires de la personne en question, le monteur peut aussi choisir d’accentuer ou de retirer les hésitations par exemple, les bégaiements ou les signes de gène. L’interviewé perd alors forcément un peu de son naturel et de son authenticité, (ce qui peut parfois le déranger après visionnement du montage final). C’est là qu’on se rend compte du pouvoir que détient le monteur ; une fois que tu acceptes d’offrir ton image et tes paroles, tu n’as plus de contrôle sur elles et tu ne sais jamais comment elles seront utilisées.

       Combien d’organismes et de journalistes engagés ou de simples particuliers ont joués avec les effets du montage pour ridiculiser tel ou tel personnage politique en modifiant complètement leur discours initial ou en insistant sur leurs gestes devenant ainsi comiques. Et ça marche ! Le message politique délivré par le discours de base est alors totalement oublié par le spectateur qui ne retient plus que le nouveau message créé par le montage : le ridicule.

En voici de bons exemples : http://www.videobuzzy.com/Parodie-du-discours-de-Sarkozy-sur-TF1-5105.news

                                              http://www.videobuzzy.com/Francois-Hollande-chante-Super-Mario-au-journal-6070.news

      Bien entendu le montage ne touche pas uniquement la vidéo, la publicité utilise énormément ce procédé, je n’énumérerais pas tous les panneaux publicitaires présentant un montage « avant/après » (la plupart du temps truqué cela va de soi …) afin d’insister sur les bienfaits de leur produit de vente.                                                                             J’ai en tête une marque qui utilise beaucoup le montage pour faire passer son message, mais d’une manière bien différente puisqu’elle ne montre jamais ses produits. Il s’agit de United Colors of Benetton. Cette marque italienne de vêtement a opté pour une communication plus d’avant-garde ce qui lui a valu énormément de critiques et de scandales. En effet, United Colors of Benetton cherche à montrer, à travers sa publicité, que ses produits sont accessibles à tous, qu’elle veut un monde où tous seraient égaux et où la différence n’existerait pas, et pour cela la marque utilise le choc.                         United Colors of Benetton a bien marqué les esprits avec ses photomontages qui ont fait polémique.

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Voici encore un pouvoir du montage ; celui de marquer les esprits par le choc. Ces publicités ne passent pas inaperçues et les spectateurs les retiennent !

      Le montage détient donc bien des pouvoirs et ce depuis des années. En effet, en 1922 suite à une série d’expériences, Lev Koulechov découvre ce qu’on appelle le montage cinématographique. Il s’était rendu compte qu’en enchaînant par exemple l’image d’un bol de soupe suivi de l’image d’un visage d’un homme complètement inexpressif, les spectateurs ressentaient la faim chez ce personnage. Il conservait cette même image du visage inexpressif et la faisait précéder cette fois ci de l’mage d’un cadavre dans un cercueil ; les spectateurs ressentaient alors de la tristesse chez ce même personnage pourtant inexpressif.

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Koulechov s’est ainsi aperçu que le spectateur n’analysait pas les images indépendamment les unes des autres mais inconsciemment était amené à interpréter la succession d’images qu’on lui présentait.

      Un bon montage peut alors nous faire ressentir tout et n’importe quoi, il peut tout à fait contrôler nos émotions et nos pensées en nous montrant uniquement ce qu’il veut qu’on retienne.

 

Société de consommation : faute d’hypocrisie et d’implications inavouées

Pour une fois, soyons francs et sincères. Dans ce blogue, il est vrai que je montre les mauvaises facettes des moyens de communication actuels ainsi que les vices de notre système, j’aime ce côté révolutionnaire qui permet d’exprimer mes impressions enfouies en moi et en profiter au passage pour démonter les fondements qui nous gouvernent. Mais faut-il cependant que j’adopte une vision unilatérale de la réflexion ? Voir plus loin dans ma pensée, trouver un deuxième souffle à mes idées voilà tout l’intérêt d’un bon argumentaire.

Reprenons depuis le début, dans mes articles précédents je critique la pub, macdo, facebook et la société capitaliste entière, et pourtant c’est mon quotidien, ce n’est pas pour autant que je suis obèse à cause du Macdo, geek à cause de Facebook ou encore endettée à cause du capitalisme. Abusifs sont les plaidoyers que l’on entend partout contre les nouvelles technologies dites virtuelles, Facebook en chef de file, je suis la première à les critiquer, je suis aussi la première à les utiliser au point même de ne plus pouvoir m’en passer et que ce soit pour entretenir mes liens sociaux, pour me divertir et aussi pour travailler (la preuve est énorme puisque je vous écris via un blogue internet). A cette réflexion se posent en moi plusieurs questionnements : est-ce une question d’hypocrisie humaine qui pousse les gens à critiquer, ou est-ce plus une question d’ordre générationnel, comme un changement de mœurs et de pratiques qui ne plaît pas ?

Les exemples d’hypocrisie touchent la quasi totalité des sujets contestés à cause de leur tournure médiatique ou capitaliste, prenons par exemple le salaire des sportifs, l’opinion générale s’affole dès que l’on parle des millions de dollars déboursés pour un seul joueur de Hockey, de Basket ou de Football, les termes “Scandales !” fusent dans les discussions et les révoltes explosent en chacun de nous, nous-mêmes qui allons acheter leurs maillots, qui assistons à leurs matchs (parfois avec abonnements), nous même qui achetons les produits dérivés de leur image, qui en fin de compte leur payons leurs salaires exorbitants que l’on vient de mystifier. Bel exemple de paradoxe, avons-nous vraiment le droit de crier au scandale pour de telles sommes qui sont, il est vrai, démesurées si c’est en grosse partie à cause de nous qu’elles existent ? J’appelle ça une sorte d’hypocrisie. Il en va de même pour le Macdo, car indigestion ou pas indigestion en sortant, nous reviendrons manger chez eux un jour. Pareil pour les publicités qui au delà du fait qu’elles nous tapent sur le système, influenceront nos choix au supermarché. La vérité pour ma part se cache ailleurs, car l’être humain révolté contre une idée fera tout pour ne pas en être esclave.

Je pense que nous nous permettons de critiquer car nous n’avons ni le pouvoir, ni le savoir pour contrôler les choses, je m’explique … Suivant cette pensée, Facebook est le meilleur exemple possible, deux raisons font de lui un élément “néfaste” selon l’avis général : son image noircie et sa mauvaise utilisation. En effet, pour moi facebook n’est rien d’autre qu’un nouveau moyen de communication, comme le téléphone ou les lettres manuscrites, il vient s’ajouter aux anciennes techniques de communication augmentant mon volume total de contact, en rien un “remplacement des rencontres directes” pour ma part. Seuls ceux qui ont vu en Facebook  un moyen d’exposer sa vie intime et l’unique échappatoire pour s’exprimer librement et se créer des contacts ont faussés les limites qui font des réseaux sociaux un outil dangereux. Les problèmes que l’on rencontre avec les réseaux sociaux n’émanent que d’une mauvaise utilisation à la base. De ces problèmes sont apparues des révoltes qui sont venues flouer l’image pourtant anodine et je dirai même bonne des réseaux sociaux.                                                                             Nous avons déjà anéanti l’image de notre société future qui passera quoi qu’il arrive par un bouleversement virtuel, et cela à cause de notre incompétence à utiliser la technologie à bon escient et de notre mauvaise foi.                                                                                     Si seulement nous avions pu utiliser ces techniques différemment, les réseaux sociaux auraient été vu comme un outil très intéressant.

Cette pensée vient prolonger celles précédentes qui restent en vigueur, je crois toujours en ce que j’ai dis dans mes anciens articles mais je viens aussi y poser des limites, car je pense que la société capitaliste n’est pas l’unique responsable de l’atmosphère chaotique qui nous entoure. Je pense que si nous sommes si révoltés de nos jours c’est aussi parce que nous n’avons rien fait avant pour empêcher ça, nous ne faisons d’ailleurs toujours rien, car la révolution mondiale n’est de toute façon pas possible, puissances ennemies et changement contextuel obligent.                                                                    J’ai ma propre idée sur le sujet, elle se résume en ce qui pourrait ressembler en une devise de la vie “toujours trouver le juste milieu”. Trouver le juste milieu dans les idées d’un article, le juste milieu dans l’utilisation des réseaux sociaux, dans le visionnement d’une pub ou d’un évènement politique, le juste milieu dans l’implication au capitalisme.

Laissons nous séduire ! Au diable les conséquences ! Menons notre vie à la carte !

    Cette semaine je voulais revenir sur le texte de Lipovetsky et plus particulièrement sur cette phrase « La séduction renvoie à notre univers de gammes optionnelles, de rayons exotiques, d’environnement psy, musical et informationnel où chacun a loisir de composer à la carte les éléments de son existence ». En effet, Lipovetsky mentionne le fait d’avoir le câble et les programmes à la demande, les différents itinéraires proposés par les GlobeTrotters et tout un autre ensemble d’exemples qui résument assez bien la société post-moderne dans laquelle nous vivons : une société où la séduction prime sur le reste et je suis tout à fait en accord avec sa pensée.  Effectivement, il suffit d’allumer sa télé ou sa radio ou simplement même de marcher dans la rue pour être envahie de publicités toutes plus séductrices les unes que les autres ; la publicité pour la crème hydratante avec pour image le visage rayonnant d’une jeune femme sans défauts ! On nous présente des objets fabuleux qui changeront nos vies, comme le rasoir  de chez Toudoux à 12 lames qui raserait mieux que celui à 11 lames mentionné dans le blog de mon collège http://jmrudent.wordpress.com/2013/03/10/101/.  Toujours plus d’objets, pour toujours plus d’illusion de choix, les gens ont ainsi l’impression d’être des rois au milieu de tout cet univers rempli de belles choses commerciales.

    A cette palette de choix qui offre le sentiment d’être le maître de son existence et de pouvoir devenir qui l’on veut, vient s’ajouter, comme le mentionne également Lipovetsky dans son texte, les nombreux services qui donnent envie de s’occuper de soi . On peut remarquer qu’aujourd’hui de plus en plus de gens se rendent chez le psychologue, c’est devenu presque monnaie courante, une chose tout à fait banale ! Comme on irait chez le boulanger. Pour un simple complexe on prend rendez-vous ! Dès la moindre toux on appelle le médecin ! Pourquoi ? C’est cette société post-moderne dans laquelle nous nous trouvons qui nous incite à prendre soin de nous, à ne pas hésiter à consulter dès le moindre signe de faiblesse ! Combien de publicités nous montrent des médecins, des ophtalmos ou autres spécialistes, sourire jusqu’aux oreilles nous conseillant de venir faire des tests régulièrement et nous imageant la maladie comme quelque chose de pas si sombre.

    Un autre point mentionné par Lipovetsky est celui de l’expérience sexuelle. Pourquoi celle-ci se fait de plus en plus tôt au fur et à mesure des années ? Parce que les histoires innocentes à l’eau de rose qui faisaient rêver les adolescents d’autres fois sont remplacés par des films d’adolescents plus axés sur l’acte sexuel en lui-même que sur les valeurs qu’il y a derrière.  Les différentes séries de téléréalité et les clips qui affichent des filles à moitié nues et qui font des rapports physiques la chose la plus importante qui soit y sont aussi pour quelque chose ! Il est tout à fait normal que l’adolescent soit perdu au milieu de tout ça et parle avant tout de sexe que d’amour ! Mais en installant des distributeurs de préservatifs dans les collèges où l’âge moyen d’un élève est de 13 ans, notre société semble accepter cette évolution. L’acte sexuel totalement dépourvu de valeur nous est présenté comme quelque chose de presque obligatoire pour l’épanouissement personnel et plus tôt tu l’auras fait, plus heureux tu seras !

    Aujourd’hui il est clairement visible que nous évoluons (si on peut bien parler d’évolution …. )dans une société séductrice qui nous fait croire que tout est beau, tout est possible, que nous pouvons mener notre vie comme on l’entend, qu’il faut profiter à fond de chaque chose, et que nous devons faire nos propres expériences sans jamais parler des conséquences fâcheuses que cela peut avoir. Nous sommes entraînés dans une société hédoniste qui nous cache, à l’aide de tous ses médias,  les côtés plus obscurs de la vie que le spectateur ne voudrait pas voir.

Huuum un bon McDo !!

Il est midi à Québec, je commence sérieusement à avoir faim, j’ai du temps devant moi et j’ai bien envie de me remplir le ventre en abondance. Je me met donc en quête d’un petit restaurant qui pourrait combler mes envies, j’hésite, italien ? La pizza c’est hyper calorique, chinois ? Trop épicé, Subway ? Un sandwich ne suffira pas, et j’hésite encore, jusqu’à ce que j’aperçoive là bas au loin, perché dans le ciel comme un rayon de soleil, un énorme « M » jaune pétant. « Mac Do ! Mais oui ! » M’exclamais-je ! En plus de m’avoir donné la soudaine envie de manger un Burger dans un carton, ce panneau m’avait donné la solution, il a réveillé tout mes sens et avait pressé mon pas.

Je rentre, il y a du monde, du bruit, normal on est chez Macdo, je ne remarque même plus les enfants qui courent et les odeurs étranges, je suis trop attirée par les panneaux de présentation des choix. Je suis hypnotisée en fait, je ne regarde plus que ça, qu’est ce qu’ils ont l’air bon, frais et bien consistants. Mais lequel prendre ? Il y a tellement de choix ! Le Bagel Cheese and Bacon m’a l’air parfait avec sa tranche de salade, mais le nouveau Mac Oriental et ses saveurs d’Orient épicées me font déjà voyager, ou alors je me ferait bien un Mac-Wrap, après tout ce n’est qu’un sandwich chaud, tout ce qu’il me faut ! La file d’attente se réduit, c’est à mon tour, j’aimerai encore pouvoir rester des heures à contempler les panneaux mais on ne me laisse plus le temps, ah oui j’oubliais presque qu’on est dans un fast-food ! Bon je me lance, je regarde une dernière fois les panneau pour être sûre de mon coup … « – Bagel Cheese and Bacon ! – En menu Giant ? – Oui bien-sûr ! ». Vraiment, la salade était trop verte et fraîche  le steack haché avait plus l’air de se rapprocher de l’entrecôte, le fromage avait fondu idéalement sans dépasser du steack, la sauce mayo et ketchup ne se mélangeait pas, même le bacon de ma mère avait moins belle allure que dans le Bagel ! Enfin, du moins sur la photo.

On me demande de patienter sur le côté, mon sandwich arrive dans un carton, je m’installe, je ne tiens plus tellement j’ai faim, j’enlève ma veste d’un coup de vent, et je me jette sur le Burger, j’ouvre la boite … surprise ! J’avais demandé un Hamburger, pas un sandwich tout écrasé, et la salade est verte pâle, et le steack n’est même pas rouge, et le bacon est mélangé avec le fromage, la mayo et le ketchup ! Je n’ai surement pas dû avoir de chance sur celui-là, je le mange tant qu’il est encore chaud. En quelques bouchées c’est fini, c’était bon, je suis rassasiée comme je le voulais. Satisfaite, je sors du bâtiment et je reprends ma route.

Un peu plus tard dans la journée, le ventre un peu barbouillé, j’ai de nouveau très faim, et je me remets en quête de chercher mon dîner. Un mac do ? Non, j’en sors ! Cette remarque m’a faite réfléchir, il était temps de revoir les tenants et les aboutissants, comment ai-je pu une fois de plus me faire avoir ? Pourtant je suis au courant que ce n’est pas de la bonne nourriture ce qu’ils proposent là-bas ! C’est là que je me suis fascinée devant la capacité de Mac-Donald à créer des envies, avec un simple panneau jaune, il vous amène dans son piège, puis avec leurs photos retouchées ils vous flouent sans pour autant vous révolter. Vous avez mangé hyper gras, rien de raffiné, aucune saveur authentique, mais en sortant vous repassez devant les panneaux et vous regardez une dernière fois les magnifiques burgers, waouw qu’est ce qu’ils sont beaux, l’image est sauvée, l’honneur aussi, vous reviendrez c’est certain, palapapapa !

Voici une belle vidéo qui accompagne mes propos : 

Popul’art

    Cette semaine, j’ai eu envie de rebondir sur l’article d’un de mes collègue de classe ; http://thomquebec.wordpress.com/

     Je suis d’accord avec Thomquebec quand il sous entend que « l’art moderne » est mauvais. Quand je parle de « l’art moderne » je parle de celui qu’on nous donne, celui qu’on nous dessert, celui qui a pour paire le commerce (à ne pas confondre avec l’art contemporain, qui lui a une réelle valeur artistique et culturelle, une authenticité et un but non lucratif, l’art par définition en somme). Mauvais dans le sens où l’âme de l’art est bafouée, de nos jours on fait de l’art avant tout pour le vendre et non plus pour élargir les connaissances culturelles, on réfléchit principalement à la démarche commerciale avant l’œuvre elle même.

     Mais pourquoi cette perte soudaine d’authenticité et de valeur ? Pourquoi avons nous laissé dégringoler les vertus artistiques si bas ? Et c’est là que je pose les limites de l’article de Thomquebec, pour moi la définition de l’art ne peut pas être laissée entre toutes les mains, ni définie par monsieur tout le monde. Car suivant cette pensée tout pourrait être défini comme étant de l’art donc plus rien ne le serai vraiment. La création depuis la nuit des temps est réservée à une élite, quand je parle d’élite, je ne parle pas des musées ou des riches mais de ceux qui ont un réel don dans ce qu’ils font. Contrairement à la pensée de Thomquebec, je crois qu’il revient à eux et uniquement à eux d’établir les limites de leur art respectif, car ils sont les seuls à connaître réellement la valeur d’une œuvre d’art. C’est en passant par ce processus de validation qu’on retrouvera les vertus qui faisaient de l’art un phénomène pur et raffiné. Laisser à chacun se faire sa propre idée de ce qu’est l’art est dangereux, il ne faut pas confondre goût et valeur, car beaucoup d’entre nous n’ont pas la capacité de savoir juger l’art et le marché commercial en profite en nous faisant passer un produit pour une œuvre. Je pense que le véritable art c’est avant tout une recherche, et l’art moderne n’est ni plus ni moins qu’un « art » qu’on nous apporte pour l’acheter plus facilement, il n’a aucune valeur car elle est remplacée par l’aspect commercial. Laissons alors les vrais penseurs et les vrais créateurs diriger nos yeux vers les œuvres qui en valent vraiment la peine, amoureux de leur art, eux, ne nous exposeront pas « l’art commercial ».

     Prenons l’exemple de la musique, qui, je trouve, est le plus touché par ce phénomène de déclin. Demandez à un musicien qui d’entre Justin Bieber et Pink Floyd a le plus de recherche et d’authenticité dans ses morceaux, il vous répondra sans nul doute le Floyd, et pourtant à des époques différentes ce sont deux musiques totalement commerciales. Pourquoi entendons-nous les entrailles de Gilmour dans Wish you were here et les sons informatisés dans les morceaux de Justin Beber ? La différence est qu’à l’époque on privilégiait d’avantage le son et la mélodie que l’aspect financier, à l’époque on écoutait réellement les artistes et leur courant de pensée, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui car on a laissé les gens décider que Justin Bieber ou les autres Boys Band étaient de l’art, et tant pis si il n’y a plus de recherche tant qu’on le vend et que les gens écoutent.

     Pourquoi devons-nous s’écrier dès qu’on cherche à partager sa culture avec n’importe qui ? Car dans ce cas ci, il s’agit plutôt d’une déculture ! Je suis d’accord pour le partage de l’art via sa reproduction, mais uniquement quand il s’agit de l’art. Appelons un chat, un chat !

 

« On devient ce que l’on achète »

    Lors du dernier cours, un de mes collègues de classe a dit « On devient ce que l’on achète ».Cette phrase m’a fait réfléchir. Il est vrai qu’on peut de plus en plus constater qu’à travers l’achat de différents objets de consommation, une partie des gens voit une manière de se construire une image. Mais c’est bien tout ce que cela reste, une « image ». Je pense particulièrement à l’influence que peuvent avoir les magazines et émissions « people » qui nous exposent les vies visiblement merveilleuses des stars. Ces stars qui deviennent des modèles sans aucunes raisons réelles. Certains vont acheter les mêmes vêtements qu’eux, les mêmes parfums, vont se faire la même coiffure, essayer d’acheter la même voiture ou de s’offrir les mêmes vacances au risque de s’endetter. Ils ont ainsi l’impression d’être quelqu’un d’autre, quelqu’un de plus important, de mener la vie d’une star, de s’évader de leur quotidien. Mais resterons pour autant Monsieur ou Madame tout le monde. Tout ce qu’auront permis ces dépenses plus que superficielles, c’est d’accroître l’importance des stars et avec cela, l’impact que peuvent avoir les médias sur la population.

    Une question d’intégration sociale apparaît aussi, en effet, en achetant tels ou tels biens, nous intégrons tels ou tels cercles sociaux. Un homme de classe moyenne qui revient un jour avec une voiture de luxe, devient soudainement un membre de la classe haute aux yeux de ses voisins, alors qu’il reste tout à fait le même homme. J’ai en tête l’exemple d’une connaissance qui s’est acheté une Aston Martin, du jour au lendemain il est devenu le « James Bond » de la ville, un homme quelconque devient l’homme à regarder quand il passe simplement par l’achat d’une voiture.

C’est aussi un phénomène que l’on retrouve énormément chez les jeunes qui ne se reconnaissent qu’à travers certains critères d’apparence, dans la cours il y a d’un côté le groupe de filles aux derniers sacs Longchamp, de l’autre les autres filles, et le seul moyen d’intégrer le premier groupe est de suivre la mode en achetant ce fameux sac. Et bien évidemment la mode changeant constamment, les objets à acheter s’enchaînent et ceux déjà achetés deviennent démodés, nous tombons ainsi dans la société de gaspillage décrite par Baudrillard

     « On devient ce que l’on achète »; l’objet est devenu une marque de personnalité. Les gens pensent pouvoir devenir une autre personne par l’achat de biens matériels. Certes ils changent l’image qu’ils peuvent avoir aux yeux de leurs semblables, et c’est d’ailleurs ce qui nourrit ce désir d’acheter à outrance, mais ils restent bel et bien la personne qu’ils sont au départ. Ce n’est pas la possession d’objets qui défini le caractère ou l’appartenance sociale, nous ne pouvons pas changer ces critères que nous recevons à la naissance. Mais c’est ainsi, nous sommes dans une société où tout passe par le regard de l’autre, aussi l’individu à visiblement besoin de se fabriquer une image pour paraître (et ce n’est qu’une question de paraître) ce qu’il souhaite aux yeux des autres et avoir une meilleure estime de soi. Bien entendu, les diverses entreprises entrent dans le jeu et se font une joie de nous présenter de plus en plus d’objets à désirer, de plus en plus d’images de stars auxquelles on aimerait ressembler, la boucle est bouclée. Nous sommes entrés dans un cercle vicieux dont il n’est plus possible de sortir.

 

Un raout médiatique à en faire peur !

Cette semaine ,dans mon article, je voudrais revenir sur l’affaire Florence Cassez. Et quelle affaire !

Image    Petit rappel ; nous sommes le 8 décembre 2005 et la française Florence Cassez, accusée d’être la complice de son amant Israël Vallarta pour enlèvements, séquestrations, délinquances et détentions d’armes à feu est arrêtée par les autorités mexicaines. Le 27 avril 2008, elle est condamnée par ces mêmes autorités à 96 ans de prison. Cette affaire fait scandale. Les français la disent innocente et veulent sa libération. Les français ? Non, plutôt les journalistes et les politiques français !

Commence alors la course de la presse !

    Le gouvernement et les médias ont monopolisés l’actualité avec cette affaire et ainsi masquer d’autres sujets plus importants aux yeux des français : le chômage et l’absence d’action des gouvernants pour lutter contre, la guerre au Mali avec ses nombreuses pertes humaines , son coût et le soutien international assez faiblard…. sont soudainement passés dans l’ombre. C’est bien connu, il faut offrir du spectacle aux gens pour leur faire oublier leurs préoccupations quotidiennes !

    Les médias ont donc ratissés l’évènement jusqu’à l’épuisement ! Le public aime les jolies petites histoires, ce que les communicants appellent des « storytelling » ; Florence Cassez devient vite la pauvre française innocente qu’il faut sauver des griffes des mexicains barbares et mafieux, les Unes s’accumulent et cette histoire se transforme en cause nationale avec tout ce que cela comporte de ‘nationaliste’ ! Quand elle était détenue, on a fait de Florence Cassez un symbole, voire une icône, retenue dans un Etat corrompu jusqu’à la moelle. Rien n’est pourtant mis en place pour les quelques 2 200 français toujours détenus à l’étranger !

    Celle qui fait la Une de tout les journaux ( écris et télévisés ) est enfin libérée ! Fin heureuse ! Victoire de la France ! A son retour sur le sol français, Florence Cassez est accueillie comme une star du show-business ; elle a bénéficié d’une couverture médiatique exceptionnelle. Une soixantaine de caméras et une foule de journalistes l’attendaient à l’aéroport ; ceux-ci ont même été conduit dans une salle de presse du pavillon d’honneur de Roissy. C’est là qu’arrivent généralement les personnalités importantes comme les chefs d’Etats. N’est-ce pas démesurée tout cela ? La dépouille de l’otage français Yann Desjeux ( assassiné en Algérie ), est arrivée à ce même aéroport, d’après les témoignages d’autres prisonniers, il se serait comporté en véritable héros, il n’a pourtant pas eu le droit au pavillon d’honneur, ni à une couverture médiatique pour en parler qu’il aurait sans doute beaucoup plus mérité ! Son histoire devait sans doute être moins intéressante et moins attractive aux yeux des médias et des politiciens !

    L’affaire Florence Cassez est devenue une réelle émission, une contre-investigation. Bientôt, la française écrira ses mémoires et passera sur les plateaux de télévision pour sa promotion. La politique a bien entendu également participé à cette démesure ! A l’aéroport, outre une foule de journalistes, l’ex-détenue était attendue par le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius et le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, ex-élu du nord de la France où réside la famille Cassez. François Hollande la reçoit à l’Elysée comme s’il s’agissait d’une otage revenant d’un pays en guerre. Michel Delebarre, sénateur-maire de Dunkerque, envisage de la faire citoyenne d’honneur de sa ville. Il a même affiché des portraits de Florence Cassez en lui souhaitant la bienvenue, sur les panneaux publicitaires de sa ville ! Surréaliste ! Mais il faut bien maintenir cette histoire palpitante qui a tenu les français en haleine jusqu’au bout ! Et puis le public aime le triomphe !

Selon Charlotte Cassez , la mère de Florence Cassez, la jeune femme avait demandé à Nicolas Sarkozy d’être présent à son arrivée à Paris. Un peu plus tard, elle rencontra ce dernier, en tout discrétion. Pourquoi ? Il faut savoir que cette affaire était devenue une affaire personnelle pour le président ; l’un des soutiens les plus actifs de Florence Cassez, Nicolas Sarkozy choisira de dédier l’année du Mexique en France (2011) à Florence Cassez. Cela entraînera la colère du président mexicain Felipe Calderón qui annoncera le retrait du Mexique de ces manifestations culturelles, entraînant l’annulation de l’évènement. L’affaire Cassez tourne alors a la crise diplomatique. Il y a de quoi être honteux de notre pays !

    C’est dingue comme les journaliste, les médias peuvent nous manipuler ! A nous faire voir uniquement ce qu’ils veulent qu’on voit. Et c’est d’autant plus vrai quand la politique s’en mêle ! Car au final, tout le monde parle de cette pauvre et courageuse Florence Cassez et de sa libération, mais est-elle réellement innocente ?  Les médias francophones traitent cette affaire de telle manière qu’on a l’impression que Florence Cassez a été blanchie de toutes les accusations Nous n’en savons rien ! Il faut rappeler que si elle a était libérée, c’est uniquement par « vice de procédure ». En effet, au Mexique aussi on trouve des magouilles du système médiatique ; les images de l’arrestation présentées comme celles d’une arrestation directe n’étaient en fait qu’une reconstitution alors que la véritable opération de la police avait eu lieu la veille en toute discrétion ! Bien évidemment, les chaînes de télévision les ayant diffusées étaient au courant. C’est une fois de plus pour nous offrir du spectacle ! Et cette fausse arrestation a influencée quelques faux témoignages pour l’incrimination de la française. ( Nous remarquons une fois de plus la puissance des médias ! )

    Le récent sondage d’IPSOS pour Le Monde nous dévoile que les Français jugent, pour 74 % d’entre eux, que les journalistes sont « coupés des réalités et ne parlent pas des vrais problèmes des Français ». Rien ne justifie l’hyper médiatisation de la libération de Florence Cassez. Surtout que ce vacarme n’apporte aucune réponse à sa culpabilité. On peut se poser des questions ; innocente ou pas ? Qu’est ce qui peut justifier de tels honneurs pour une jeune femme dont la culpabilité semble plus que probable ? Est-ce une maladresse politique française pour froisser volontairement les mexicains ? Nous avons eu affaire à un véritable tribunal médiatique !

Dans la rue, tout le monde parle de cette femme sans en savoir réellement quelque chose sur elle. Cette affaire mis surtout en relief les systèmes médiatiques des deux pays concernés.Tout ce bruit a simplement permit de ne pas réfléchir aux problèmes essentiels concernant cette affaire et d’éloigner les gens de leurs préoccupations quotidiennes!

« La publicité est payante. Dans ce film, elle est offerte », 99 Francs

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        Pour mon deuxième article, j’ai choisi de vous parler d’un film que j’ai revu récemment : 99 francs.

       Ce film français réalisé par Jan Kounen en 2007 d’après le roman de Frédéric Beigbeder fait passer, avec humour et électrochocs, une belle critique du monde de la publicité !

       Octave Parango est rédacteur publicitaire de luxe dans une des plus prestigieuses agences de pub parisienne, la Ross & Witchcraft .Il conçoit des scénarios de films publicitaires et des accroches pour les affiches. Cynique, égoïste et irresponsable, il mène une vie de débauche et fait de la cocaïne un usage immodéré. C’est sa vie que nous suivons tout au long de l’histoire.

        Première image du film : Gros plan sur une publicité ! « bienvenue dans le meilleur des mondes », on y voit un couple, sur la plage, au soleil, stéréotype parfait du bonheur rêvé ! Puis retour à la réalité : il pleut, c’est la nuit, nous sommes à Paris. Ce contraste établit déjà un rapport publicité/réalité ( mensonge/vérité ) présent dans tout le film. Une publicité nous promet toujours quelque chose de meilleur, elle nous promet d’accéder à un bonheur que nous n’avons pas encore. Mais tout n’est qu’illusion, ce bonheur n’existe pas à travers les produits qu’on consomme. La toute première phrase d’Octave Parango l’illustre tout à fait :

 » Tout s’achète : l’amour, l’art, la planète Terre, vous, moi… Surtout moi. L’homme est un produit comme les autres. Avec une date limite de vente. Je suis publicitaire. Je suis de ceux qui vous font rêver des choses que vous n’aurez jamais. Ciel toujours bleu, nanas jamais moche, bonheur parfait retouché sur Photoshop. Vous croyez que j’embellis le monde ? Perdu, je le bousille « 

Le publicitaire à les pleins pouvoirs sur nous, consommateurs,

« J’ai passé ma vie à vous manipuler contre 75000 F par mois … Quand, à force d’économies, vous réussissez à vous payer la bagnole de vos rêves, je l’aurai déjà démodé. Je m’arrange toujours pour que vous soyez frustré. C’est moi qui décide aujourd’hui ce que vous allez vouloir demain, je vous drogue à la nouveauté, et l’avantage de la nouveauté c’est qu’il y a toujours une nouvelle nouveauté pour faire vieillir la précédente »            ( Octave )

       Débacle amoureuse, drogue, Octave ne sait plus où il en est et décide d’en finir, le film commence et on le voit sauter du haut d’un immeuble. Pendant sa chute, il se remémore sa vie. Retour vers le passé; c’est après une overdose à la cocaïne qu’il a ouvert les yeux sur le monde qui l’entoure, il décide alors de changer certaines choses.  

Lui et son collègue sont chargés de monter une campagne publicitaire d’un nouveau yaourt que va lancer sur le marché Madone, une grande compagnie laitière. Une réunion à lieu entre les publicitaires et le client; le président de Madone. Je trouve cette scène particulièrement intéressante et c’est sur celle ci que j’aimerai m’attarder. Il faut savoir que Frédéric Beigbeder, l’écrivain du roman, a exercé pendant 10 ans la même fonction que son personnage chez Rubicam, une filiale française du plus grand groupe publicitaire mondiale. Les évènements, comme notamment la réunion, sont donc très réalistes et permettent de nous rendre compte à quel point le monde de la publicité est vicieux ! Octave souhaite échapper à ce système, et propose tout d’abord une publicité plus réaliste, ou du moins, moins fausse et moins stupide ! Son idée est rejetée par « On veut du jeune, du sexy, du rêve ! » du président de Madone. Il souhaite une publicité plus ‘conventionnelle’. C’est la ménagère qui est visée par cette pub. Qu’a t-elle envie de voir ? Qu’a t-elle envie d’entendre ? Que veut-elle qu’on lui dise ? Voilà les questions que doivent se poser les publicitaires pour manipuler correctement le spectateur. Ils doivent donner du rêve, ce sont des marchands de rêves.

Vient ensuite la question de comment faire passer le message de la manière la plus efficace possible. L’humour peut-être ?, c’est excellent pour la mémorisation de produit, le consommateur retient facilement ce qui le fait rire ! Ou le rêve ?, en offrant une illusion de bonheur.                                                                                                                                  Pour Octave, être assis à cette table de réunion, c’est s’associer au décervelage générale de la société !

 » Voilà, maintenant vous savez pourquoi vous voyez des pubs de merde depuis quelques années. C ‘est ici à cet instant que tout se joue »( Octave )

                                                                                         

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    L’étape suivante est celle du casting, le client doit sélectionner l’être humain qui incarnera le plus son produit ! Le président de la compagnie laitière ne veut pas de femme noire, évidemment, il ne s’agit pas d’un yaourt au chocolat ! Il lui faut un teint blanc,pur comme le produit laitier.Plus la réunion avance et plus elle paraît ridicule, l’équipe Madone va jusqu’a choisir la couleur du gazon qui ira le mieux avec le pot de yaourt. Tout est tellement superficiel. 

     Pendant le tournage de la publicité, on demande à l’actrice de bien exagérer son sourire, de faire comme ci elle n’avait jamais rien mangé d’aussi bon. L’impact de la publicité est bien présent, on remarque que toute l’équipe de tournage semble avoir subitement faim. Mais une fois la caméra coupée, l’actrice recrache le yaourt.

 Faire baver les consommateurs, tel est le sacerdoce des publicitaires. Dans leur profession, personne ne souhaite réellement notre bonheur, parce que les gens heureux ne consomment pas.

       Plus loin dans le film, suite à une déception sentimentale et une fête trop mouvementée, Octave tombe dans un léger coma et se met à rêver; il se retrouve piégé dans des publicités.

La première est une pub pour une barre chocolatée, on y voit un petit garçon qui rentre victorieux de son match avec son père, la mère, des anglaises dans les cheveux, est dans le jardin, elle les attend et offre une barre au garçon pour le remettre de ses efforts. Nous avons là l’image typique de la petite famille parfaite que l’on retrouve dans presque toutes les publicités d’aujourd’hui; bien habillée, bien coiffée, des couleurs rosées et bleutées pour la maison, des rapports parents/enfants parfaits eux aussi. Tout est stéréotypé. Octave pense être dans la réalité et essaye de convaincre les personnages qu’ils se trouvent dans une publicité, il leur explique que leur voix sont doublées, que personne ne se coiffe plus à la brosse, que les tâches faites sur le t-shirt du garçon ne seraient pas du tout les mêmes dans la vie réelle. (Tout les effets ajoutés à la publicité en générale pour qu’elle ait l’impact voulu sautent alors aux yeux). Octave en devient fou, il tape sur les décors en criant que tout est faux. 

C’est dans une publicité pour sa propre entreprise qu’il se retrouve ensuite. De nouveau il perd la tête et assomme l’acteur principal.

La dernière pub, courte et ridicule, fait de lui l’acteur principal pour présenter un nouveau papier toilette.

Ce passage du film nous montre à quel point les publicités sont superficielles, fausses et ridicules. Et pourtant, vous comme moi participons activement à ce système vicieux, quoiqu’on fasse les publicités ont inconsciemment un impact sur le spectateur.

        Dans le suite du film, survolté et frustré, Octave décide de se rebeller et de frapper un grand coup en sabotant la campagne publicitaire de Madone. Il engage alors une cow girl qu’il connaît pour être l’actrice de la publicité et tourne avec elle une seconde version en secret. C’est cette dernière version qui sera diffusée sur les écrans.

       On a affaire à un belle fin comique puisqu’on a suivit toutes les étapes de la création de la publicité avec les exigences aberrantes du président et de l’équipe Madone pour qu’ils soient finalement discrédités par une campagne publicitaire sabotée. Octave Parango aura réussi à changer les choses ( du moins à son échelle ) et à réaliser son rêve; celui de sortir du chemin tout tracé vers le mensonge, l’illusion, le ridicule  et la consommation; et d’enfin oser exprimer sa pensée.

       Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur ce film. Pour ceux qui s’intéressent au monde au sourire «  Colgate », je le conseille car je l’ai trouvé vraiment intéressant et très bien fait. (Jean Dujardin doit aussi en être pour quelque chose!)

 

Les réseaux sociaux

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   Dans la société contemporaine, les frontières entre le public et le privé sont de moins en moins nettes. La parole privée a été largement diffusée dans l’espace public par la radio (interview, confessions) et plus encore par la télé (surtout avec les télé réalités). Plus récemment, c’est internet qui est en train de brouiller cette frontière. L’apparition de blog et de réseaux sociaux permet à tout le monde et à tout moment de poster ses émotions, ses passions, ses intimités sur la toile publique.

   Concentrons nous plus spécifiquement sur les réseaux sociaux les plus utilisés aujourd’hui, c’est-à-dire  Facebook et Twitter qui sont devenus, à mon sens, de nouveaux médias de masse. En effet, au même titre que les journaux, télévisions, articles en ligne, radio,… les réseaux sociaux vous donnent également des informations, des évènements, non plus sur ce qui se passe dans le monde en général, mais principalement sur vos proches, ou plutôt sur les personnes avec qui vous échangez. Par l’intermédiaire de commentaires personnels, de photos, de vidéos, vous savez en temps réel ce que font ou ressentent vos semblables. Ce phénomène à première vue intéressant cache cependant des limites qui peuvent se révéler très dangereuses.

    Il est consternant de voir à quel point les utilisateurs de tous âges peuvent s’afficher aux yeux du monde et divulguer leur vie intime. Mais pourquoi ce goût pour le déballage personnel ? Je pense que c’est humain de vouloir valoriser sa vie, de raconter ses expériences à la sphère familiale et amicale, malheureusement ce besoin prend des dimensions beaucoup trop importantes et les jeunes ne savent plus faire la différence entre ce qu’on peut dévoiler, et ce qui doit rester dans le domaine du privé. Il n’est par exemple pas rare de trouver des photos de leurs soirées arrosées : fêtards ayant trop abusés sur la boisson, de rapprochements sexuels entre deux personnes, ou encore des individus en flagrant délit de prise de drogues en lieu public. Les jeunes en sont fiers et tout devient prétexte à s’afficher, à se montrer

   Il est de plus devenu très facile pour n’importe qui, en quelques clics de vous trouver sur un des ces réseaux sociaux. Et quand je dis « n’importe qui », je pense aussi aux institutions publiques qui n’hésitent désormais plus à utiliser ces réseaux pour retrouver ceux qu’ils recherchent, aux entreprises privées pour se renseigner plus intimement sur leur futur employé.

    Ce qu’il faut savoir aussi, et que la majorité oublie, c’est qu’une photo ou une vidéo postée sur un réseau social laissera une trace indélébile sur Internet et pourra être utilisée aux bons vouloirs de qui veut. Où est donc passé le droit à l’image ? Et le droit à l’intimité ? Et même si l’heure est à la prise de conscience des risques, le besoin de s’exprimer est trop fort pour l’utilisateur. Il est devenu de toute façon normal d’étaler son intimité, j’y vois clairement un changement culturel. Où dans le temps on entretenait une culture d’intimité, aujourd’hui c’est la gloire de l’affichage pour obtenir de la reconnaissance. Au point même d’en créer un cercle vicieux : plus on met d’infos, plus on est sollicité, plus on a envie d’en rajouter.

    Ces réseaux mal utilisés sont devenus incontrôlables, surtout pour la nouvelle génération qui n’a pas encore prit conscience de ces risques. C’est pourtant elle qui y est la plus confrontée. Voué au changement catastrophique d’un futur sans véritable distinction entre la sphère privée et publique, on peut craindre vraiment que les données personnelles deviennent le « pétrole » du XXIème siècle !